Les unes

Une semaine de personnalités. Personnalités et non people, des hommes qui ont choisi un style, une écriture ou une pensée et qui ont décidé de s’interroger sur leur époque.

C’est ainsi que Vladimir Jankélévitch fait la une du Libé des livres de ce jeudi.

Robert Maggiori revient sur la vie somme toute logique de celui qui a eu à subir l’ostracisme pendant la seconde guerre mondiale et ses lois iniques, avant de revenir sur le devant de la scène en fin de vie. L’article retrace ce parcours tout en posant quelques jalons quant à la pensée qui l’accompagne ; il évoque ainsi sa pensée qui permet d’aller « jusqu’à la « fine pointe » des choses, d’arriver là où elles oscillent, là où un « presque rien » peut les faire tomber d’un côté ou de l’autre, du côté de l’exigence absolue du pardon ou de son impossibilité. » Cette question, centrale dans son œuvre – Jankélévitch refusera de pardonner non seulement aux nazis mais aussi aux Allemands – est assez simplement et clairement exprimée ici.

Quatre titres mis en avant, trois éditeurs, le pardon et Debussy pour sujets éclectiques. « Je vends le tout- français, grec, latin, et même l’orthographe que j’ai assez bonne pour un métèque. »

 

Deux auteurs découverts par Minuit en une du rendez-vous des livres et de Livres et idées, à savoir La Croix et l’Humanité.

Commençons par Rouaud qui « s’est beaucoup interrogé sur son besoin vital de reconnaissance littéraire » comme le souligne Jean-Claude Raspiengeas, qui insiste dans son article sur les qualités d’écrivain véritable à ses yeux de Rouaud qui en est au tome cinq de son ensemble : La vie poétique. Le critique en profite pour en faire le héros/héraut du combat contre « ceux qui sacrifiaient à cette modernité aride et décharnée que défendaient les gardiens du temple, dispensateurs d’indulgence et de privilège ». Paradoxalement publié par Minuit.

On pourra noter cependant qu’Echenoz et Volodine, pour ne citer qu’eux, débarquaient aussi chez Minuit.

Volodine sous son nom – il a depuis multiplié les alias- a construit un univers en plusieurs volumes comme Jean Rouaud mais sous une forme proliférant en déguisements d’auteur et de textes. Cette fois, nous dit Alain Nicolas : « Le récit qu’Eliane Schubert est contrainte de faire est celui de la Grande Nichée, cette troupe qui parcourt ces pays dévastés où jadis s’étendait l’empire des douze corbeaux. » Pas de doute on est bien chez Volodine perdus dans un monde lui-même perdu, : « Si l’univers de Volodine est tout entier dans ce livre, la parole, le pouvoir des femmes et la violence qui leur est faite en sont le fil conducteur. » On ne cite guère son nom lorsqu’il est question de dystopie ; tout de même !

Le dossier du Figaro se tourne vers les « Fans des années 80 » et contrairement aux idoles vieillissantes qui remontent sur scène pour jouer à la queue leu leu le tube qui les a rendues célèbres, ce sont de « jeunes » auteurs, discrets dans l’actualité.

Les titres disent tout de l’époque, Comment tout a commencé (Philippe Joanny) Longtemps est arrivé (Christophe Mercier)… et de sa digestion, Toutes les planètes que nous croisons sont mortes (Vincent Raynaud) Peine perdue (Kent).

On ne s’étonnera pas d’y découvrir des héros musiciens, rockers de préférence (Raynaud, Kent) ou une toile de fond faite de l’exubérance culturelle de l’époque qui peut tourner au capharnaüm (Mercier, Joanny).

e Pour l’ensemble des références voir notre tableau des sorties

 

  Dans l’édition de la soirée, les auteurs du pêle-mêle, la chronique audio et quelques portraits.

Index des titres parus dans la presse de cette semaine :

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